Il y a des expériences qu’on croit comprendre avant de les vivre. On s’imagine la carte postale : les grandes forêts de pins, le ciel immense, le sirop d’érable partout… Puis on monte dans l’avion, et à l’instant où les roues quittent le sol, quelque chose se passe. On réalise que cette fois, on ne rentre pas le soir. C’est un autre monde, et on va devoir y exister, seule, pendant deux mois entiers.
Je me présente, Ayma Labadlia, de Paris. J’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage de deux mois chez InnovLOG, à Montréal. L’Institut d’innovation en logistique du Québec (InnovLOG) est un centre collégial de transfert de technologie rattaché au Cégep André-Laurendeau. Sa mission : « accompagner les organisations dans leur démarche d’innovation en intégrant des outils numériques et de nouvelles technologies, tout en développant des solutions innovantes et durables pour optimiser leurs opérations logistiques et de transport. »
Quand j’ai poussé la porte le premier jour, je pensais apprendre. Je ne pensais pas apprendre autant.
Entre l’équipe, les missions et le terrain
L’une des grandes forces d’InnovLOG est d’accueillir des stagiaires venus d’horizons différents. J’ai travaillé aux côtés de Rémi LE GALL, venu de Lille, et d’Emerik Huber-Chois, natif du Québec. Trois profils, trois parcours, trois regards : une dynamique enrichissante que je n’avais pas anticipée.
Sur le terrain, j’ai participé à de nombreux événements : Salon de la transformation numérique, rencontres professionnelles et activités de réseautage. J’ai également pu assister au Café de la Recherche, organisé par le Cégep André-Laurendeau, où des chercheurs présentent leurs travaux et la place qu’occupent les étudiants dans leurs équipes, sans jargon inaccessible.
Le webinaire de Geoffrey Prévot a également été un moment marquant, autant par le travail de communication qu’il a nécessité que par le plaisir avec lequel nous l’avons réalisé grâce à une équipe exceptionnelle.
Du côté des outils, ce stage m’a permis de découvrir des plateformes et des outils que je ne maîtrisais pas encore. Plus largement, j’ai découvert la réalité concrète du travail en entreprise et en communication : planification, coordination, promotion et beaucoup de collaboration.
Une façon de travailler qui change tout
Ce que j’ai particulièrement apprécié chez InnovLOG, c’est leur façon de concevoir le travail. Pas de pointage à la minute. Pas de micro management. Ce qui compte, c’est la qualité du travail accompli, l’effort investi et les résultats obtenus.
Les horaires sont flexibles et adaptés au rythme de chacun. Cette confiance accordée à chaque membre de l’équipe dans sa capacité à gérer son temps crée un environnement très différent de ce que l’on peut parfois connaître en France, où il reste courant, notamment dans les grandes villes comme Paris, de passer de longues journées au bureau indépendamment de l’avancement réel du travail.
J’ai pu constater que ce climat de confiance favorise réellement l’engagement et l’épanouissement des employés chez InnovLOG. C’est une toute petite chose. Mais ça change beaucoup à la manière dont on vit son travail.
Aveu sincère : la première fois que je suis partie du bureau à 15 h 45, j’étais persuadée qu’il y avait un problème. J’ai vérifié deux fois ma liste de tâches, regardé autour de moi… mais non, tout était fait. Toutes mes communications étaient complétées, le contenu avait été produit et les dossiers de la journée étaient à jour. Dehors, le soleil brillait encore et j’avais toute une soirée devant moi. Une sensation presque déroutante pour une Parisienne.
InnovLOG m’a appris que le travail peut être sérieux, humain, créatif et porteur de sens en même temps. Ce n’est pas une utopie. J’en suis la preuve.
L’épreuve de la solitude : loin de ma famille et de mes amies
Je suis l’aînée d’une famille de quatre enfants. La solitude, je connaissais le mot. Pas la chose. Pas la vraie. Pas celle qui vous regarde dans les yeux à 23 h dans un appartement étranger et vous demande : qui es-tu, quand il n’y a personne pour te définir ?
C’est à cette question que le Canada a répondu. Pas en un jour, pas si facilement. Mais avec une sincérité que je ne suis pas prête d’oublier.
L’installation à Montréal n’a pas été un long fleuve tranquille. Problèmes de logement, imprévus en cascade, une ville à apprivoiser sans filet. Il faut parler de la solitude sans la romantiser. Certains soirs, elle était simplement lourde. Il y a eu des moments de découragement. Je ne vais pas les effacer de ce bilan pour ne garder que les moments glorieux : ils font partie de l’expérience autant que les autres.
Mais, c’est dans ces premiers jours chaotiques que j’ai compris quelque chose d’essentiel : j’étais capable. Capable de gérer, de m’adapter, de ne pas m’effondrer quand les choses partent en vrille.
Ma tutrice de stage, comme une ancre dans la tempête
Ma tutrice, la responsable en communication et marketing d’InnovLOG, Lamia D., ne m’a jamais demandé de la mentionner dans cet article. J’ai donc naturellement pris la décision parfaitement raisonnable de lui consacrer une section entière. Après tout, ce bilan de stage était ma dernière tâche chez InnovLOG : autant terminer sur une légère entorse aux consignes.
Lamia a été, pendant deux mois, une véritable référence. Dans un pays que j’apprivoisais encore et dans des moments où l’éloignement et la solitude pesaient, elle a été quelqu’un sur qui compter.
La bienveillance est un mot que l’on utilise souvent. Avec elle, il est parfaitement juste. Elle possède cette qualité rare de voir les gens, pas seulement les fonctions qu’ils occupent. Elle remarquait, sans que j’aie besoin de dire quoi que ce soit, lorsqu’une journée avait été difficile. Et elle ne faisait jamais semblant de ne pas voir.
Lors de mon stage, elle m’a accordé une liberté que je n’espérais pas : j’ai pu proposer des idées, orienter, prendre des initiatives.
Jamais je ne me suis sentie comme une stagiaire qu’on place dans un coin. Quand je ne savais pas, je pouvais le dire sans craindre le jugement. Elle prenait le temps d’expliquer, de guider et de faire confiance.
Montréal au printemps : une ville en mouvement
Ce stage a aussi été une expérience unique parce que Montréal, au printemps, n’est pas une ville comme les autres. J’ai eu la chance d’assister à sa transformation presque en direct.
D’abord, les Canadiens de Montréal étaient en séries éliminatoires. (Go Habs Go ! Oui, je suis devenue une vraie Montréalaise, ou presque.) Pour quelqu’un qui ne connaît pas l’univers du hockey, c’est difficile à expliquer. Toute la ville semble vivre au rythme des matchs. Les maillots bleu-blanc-rouge apparaissent partout, les terrasses se remplissent et chaque victoire devient un sujet de conversation.
Être là pendant cette période, c’est découvrir Montréal dans un état qu’on ne peut ni reproduire ni planifier. Il faut simplement avoir la chance d’y être.
Petite anecdote : avant chaque réunion, j’avais droit à quelques minutes de débrief de la partie de la veille par Luce Laporte et Lamia.
Puis il y a eu le Grand Prix de Formule 1. Pendant quelques jours, la ville change complètement de rythme. Les rues se remplissent, l’effervescence est partout, et même sans être passionnée de sport automobile, il est difficile de rester indifférente à l’énergie qui s’en dégage.
Vivre à la fois les séries des Canadiens et le Grand Prix durant le même séjour à Montréal est une coïncidence qui transforme un stage en souvenir inoubliable.
Au-delà des événements, il y a eu le passage des saisons. J’ai vu Montréal sortir de l’hiver, littéralement. Les arbres bourgeonner, les terrasses réapparaître presque du jour au lendemain, les parcs se remplir et les sourires revenir.
Le Québec accueille le printemps avec une énergie particulière que je n’avais encore jamais observée ailleurs, comme si toute la ville respirait enfin après de longs mois d’attente.
C’est un spectacle en soi, et j’ai eu la chance d’en être témoin.
Ce que je rapporte avec moi à Paris : pas que d’la comm !
Je repars avec une valise plus lourde qu’à l’aller… et je ne parle pas du sirop d’érable.
Je rapporte une version de moi-même que je ne connaissais pas encore : quelqu’un qui a appris à se débrouiller seule et à faire confiance à son propre jugement. Je rapporte aussi la conviction que le travail peut être à la fois sérieux et humain.
Et surtout, la preuve que je suis capable d’être seule sans me perdre.
Que le silence n’est pas une menace.
Que je me suffis à moi-même.
Je suis venue au Canada pour mon stage en communications. Je repars en ayant appris bien davantage : ce dont je suis capable lorsque je suis seule face à l’inconnu.
Les compétences acquises pendant ce stage me serviront dans ma carrière. Ce que j’ai appris sur moi-même m’accompagnera toute ma vie. Et ça, c’est ce que j’appelle une vraie expérience de vie.
Remerciements
Je tiens à remercier chaleureusement Naoual Rahali, directrice générale, et Luce Laporte, directrice adjointe, grâce à qui cette expérience a pu voir le jour. Leur confiance et leur soutien ont largement contribué à faire de ce stage une expérience aussi enrichissante.
Merci également à Geoffrey Prévot pour sa confiance, sa disponibilité et son implication, qui ont grandement contribué au succès des communications entourant le webinaire.
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Rédigé avec le cœur léger et les bagages lourds,
Ayma Labadlia, stagiaire en communication, mai-juin 2026